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Interview d'Astrid Stérin, romancière et fondatrice du site « L'Astre et la Plume »

Laurie Fourniaudou

Mardi 13 décembre 2022, j’ai interviewée Astrid Stérin, une romancière aux multiples casquettes.

Formatrice en écriture de fiction, scénariste de jeux vidéos, fondatrice du célèbre site littéraire « L’Astre et La Plume », Astrid est une véritable passionnée qui a développé son univers professionnel autour de l’écriture.✍️

Je l’ai découverte en faisant quelques recherches sur internet. Je suis tombée sur « L’Astre et La Plume » sur lequel j’ai aimé naviguer. Je me suis alors imprégnée de son univers en lisant ses nombreux articles, aussi bons qu’utiles ! J’ai alors décidé de la contacter afin de lui proposer une interview. C’est une personnalité bien connu des blogueurs littéraires qui a un profil très très intéressant.

En tout cas, je vous invite à écouter l’échange que j’ai eu avec Astrid. C’est avec une joie non dissimulée (et communicative) qu’elle vous dévoilera tous ses petits secrets d’écrivaine… et bien plus encore !🙊

Podcast de l'interview

Vidéo de l'interview

Transcription de l'interview

Moi (Laurie) :
Bonjour à tous, nous voici aujourd’hui avec Astrid Stérin pour échanger autour de son parcours autour de l’écriture. Astrid, c’est une romancière, blogueuse littéraire et formatrice en écriture de fiction. Elle a gentiment accepté ma proposition d’interview afin de nous faire découvrir son travail, sa passion, ses romans et ses projets. Bonjour Astrid !

A (Astrid) :
Bonjour Laurie !

L :
Merci beaucoup d’avoir accepté cette interview.

A :
Merci beaucoup à toi de m’inviter.

L :
Alors, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ?

A :
Oui bien sûr ! Tu as déjà bien commencé à le faire. Je suis effectivement romancière et formatrice en écriture de fiction. Je suis aussi narrative designer au sein d’un studio de jeux vidéo. Aujourd’hui j’ai publié 3 romans de fantaisie, un petit peu dans le genre steampunk pour certains. Et j’ai fondé « Le Manoir Littéraire » qui est un ensemble de formations et de services d’accompagnement à destination des auteurs qui veulent se lancer dans l’écriture.

L :
D’accord, ben c’est très bien ! Est-ce qu’on peut commencer par les origines de ta passion pour l’écriture ? Est-ce que tu pourrais nous dire depuis quand est-ce que tu écris et est-ce que tu sais d’où te vient cette passion ?

A :
Alors de façon pas très originale, je fais partie de ces gens qui ont toujours su qu’ils voulaient écrire des livres. Pendant assez longtemps, je savais que je voulais le faire mais je n’écrivais pas. Je savais que ça viendrait un jour. J’ai dû commencer à imaginer des petites histoires quand j’étais au collège et le vrai déclic est venu en 2004, quand j’avais 15 ans et quand j’ai commencé à découvrir les fanfictions puis quand j’ai commencé à en écrire aussi. C’est vraiment ça qui a débloqué ma créativité. Je me suis mise à écrire vraiment beaucoup de fanfictions sur les univers d’Harry Potter et du Seigneur des Anneaux. Et en parallèle j’ai assez rapidement enchaîné en commençant à écrire mes propres romans.

L :
D’accord, et j’imagine que tu as gardé tout ce que tu as écrit depuis que tu as commencé ?

A :
Oui, tout à fait. Alors mes fanfictions je les publiais en ligne, donc elles sont toujours sur internet même si je ne vais pas dire où elles sont (rires). C’est réservé à un cercle VIP ! En parallèle, il y a le tout premier roman que j’avais commencé à écrire qui était un très vieux projet sur lequel j’ai passé 10 ans à prendre des notes. Finalement, je ne l’ai jamais vraiment écrit. Et assez rapidement j’ai commencé à en écrire un autre qui est devenu plus tard Le Page de l’Aurore, mon premier roman publié.

L :
Est-ce que tu pourrais nous dire ce que l’écriture t’apportait quand tu étais plus jeune ? Je sais qu’il y a certains auteurs pour qui l’écriture apporte beaucoup, et est une sorte d’échappatoire. Est-ce que pour toi c’était le cas ou c’était d’autres émotions qui te traversaient quand tu écrivais ?

A :
Oui, y’a un côté échappatoire. Pour moi c’était surtout l’opportunité de me plonger encore plus dans les univers qui me fascinaient. Bien sûr avec les fanfictions c’était pour explorer encore plus les univers de Poudlard et de la Terre du Milieu. J’ai toujours été très fan d’histoire et de vieux châteaux, de vieilles pierres, de choses comme ça donc dans mes romans je me fais aussi très plaisir en m’offrant un petit voyage imaginaire dans des endroits merveilleux avec un côté féérique, des aventures… C’est ça les émotions que je recherche principalement : le côté découverte, voyage extraordinaire, émerveillement.

L :
Oui c’est ce que j’allais te dire, ça te permet aussi de voyager dans d’autres univers un peu féériques et magiques.

A :
Tout à fait oui. En allant piocher dans tous les éléments que moi j’aime bien, dans les périodes historiques que je préfère ou dans les autres romans que j’ai pu lire et qui m’ont inspirée. Mélanger un peu tout et en faire un univers à ma sauce.

L :
Et comment est-ce que tu t’organises justement pour écrire un roman ? Est-ce que tu as une routine d’écriture ?

A :
Oui, alors je sais pas si la question c’est comment j’organise mes journées ou comment j’organise l’écriture d’un roman ?

L :
Tu peux nous parler des deux : si tu as une routine d’écriture journalière et comment tu fais pour écrire un roman.

A :
Alors en fait pour écrire mes romans, ma façon de faire a beaucoup évolué avec le temps. À l’époque où j’écrivais des fanfictions, j’étais en mode jardinière. Je me lançais en ayant une très vague idée de ce que j’allais raconter. Pour l’histoire, éventuellement une scène de fin plus ou moins floue. J’improvisais beaucoup au fur et à mesure. Et ça m’allait très bien. Mais pour mes romans ça a moins bien fonctionné. J’ai quand même fonctionné comme ça pour Le Page de l’Aurore, au début, puis finalement, j’en ai quand même réécrit une très grosse partie. Pour le roman suivant, j’ai essayé de faire un plan, c’était un peu mieux mais j’avais encore des notions très vagues de comment construire un plan donc j’en ai aussi réécrit une bonne partie. Le troisième c’est un peu le même combat c’est-à-dire que j’avais fait un plan qui était un peu plus fonctionnel mais il m’a fallu arriver au 4/5ème du manuscrit pour me rendre compte que j’aimais pas la fin que j’avais imaginée donc j’ai aussi réécrit une grosse partie. Maintenant je commence à trouver un peu plus une meilleure façon de préparer mes histoires en amont pour en avoir une idée plus claire au moment de la rédiger. Là pour mes deux derniers romans que j’ai écrits mais qui ne sont pas encore publiés, ma nouvelle méthode c’est d’écrire le premier jet le plus vite possible. En l’espace de quelques semaines pour ensuite avoir une vue d’ensemble de l’histoire et ne pas passer des mois et des mois dessus avant de me rendre compte que finalement je vais devoir tout réécrire. Donc je veux avoir une sorte de jet 0 qui est comme un plan très détaillé et à partir de là, pouvoir avoir un peu plus de recul sur l’histoire pour la réécrire d’une façon qui me plaît.

L :
Donc là c’est vraiment ce que tu as trouvé et qui te correspond le mieux pour écrire un livre.

A :
Voilà, pour l’instant. Peut-être que ça changera à l’avenir. Donc en général je fais des premiers jets très brouillons que je réécris beaucoup ensuite. Je passe pas mal de temps à corriger cette première version. Ensuite, en général, je l’envoie à des bêta-lecteurs qui me font leur retour. Là, récemment, j’ai aussi fait appel à des alpha-lectrices pour relire une version avec une première vague de réécriture dessus. Ce qui m’a beaucoup aidée à me motiver, à m’aiguiller et à voir quels étaient les points forts et les axes d’amélioration de mon histoire. C’était une très bonne expérience que j’espère pouvoir recommencer à l’avenir. Dans tous les cas, je vais bientôt faire appel à des bêta-lecteurs pour mon prochain roman. Une fois que j’aurai eu ces retours-là et que j’aurai corrigé mon texte une énième fois, là je pourrais faire appel à ma correctrice professionnelle préférée pour avoir les corrections finales du texte avant de le publier.

L :
Et donc du coup ça te prend beaucoup de temps l’écriture d’un roman dans son ensemble ?

A :
Oui. Alors c’est difficile de donner une véritable durée parce que pour mes différents romans, ils se sont tous un peu chevauchés. Par exemple, pour le premier, Le Page de l’Aurore, j’avais mis 3 ans à écrire le premier jet, ensuite je l’ai laissé de côté une dizaine d’années et seulement après j’ai commencé à la réécrire. Le roman suivant, Lady Vinchka, c’était pareil, j’avais écrit le premier jet et puis au moment où j’allais commencer à le réécrire, y’a la publication du Page de l’Aurore qui s’est invitée alors je l’ai mis en pause, pareil un an et demi. Pour le premier roman il s’est passé 12 ans entre le début du premier jet et la publication. Pour le deuxième, seulement 7 ans donc on progresse (rires). J’ai quand même la satisfaction d’aller plus vite à chaque roman mais oui c’est un processus qui dans l’ensemble me prend facilement un an, un an et demi par roman. Même si je travaille souvent sur plusieurs romans en parallèle. Au moment où je commence un manuscrit, je sais qu’il ne sera pas publié avant un an ou deux.

L :
Tu nous as donné quelques titres de tes romans, est-ce que tu peux nous les présenter et nous dire de quoi est-ce qu’ils parlent ?

A :
Avec plaisir ! Alors Le Page de l’Aurore, c’est un roman de fantaisie épique, donc de fantaisie assez classique avec des rois, des princesses, des chevaliers dans un univers inspiré de la Renaissance. Dans l’histoire, on suit les aventures d’un petit garçon qui s’appelle Cœur, qui arrive à la cour du roi pour être embauché en tant que page. Il va suivre le roi un petit peu comme son ombre, et être le spectateur de toutes les petites intrigues politiques du royaume jusqu’à ce que la guerre soit déclarée contre le royaume voisin qui est dirigé par une méchante sorcière et qui harcèle depuis des années le royaume du héros. Et donc notre pauvre petit héros qui est tout mignon et qui ne ferait pas de mal à une mouche, se retrouve forcé de suivre le roi dans une guerre malgré lui. Et il va finir par avoir une mission très difficile à assumer mais dont le sort du royaume va dépendre. Voilà pour le premier roman qui est vraiment de la fantaisie classique.

Ensuite, les romans numéros 2 et 3, ce sont les 2 tomes d’une dilogie qui s’appelle Les pérégrinations de Lady Vinchka. Le premier tome s’appelle Cité de Foudre et le deuxième Empire d’orage. Là c’est assez différent, c’est toujours de la fantaisie, c’est toujours un univers imaginaire mais cette fois dans un état d’esprit beaucoup plus steampunk donc inspiré du 19ème siècle, avec des technologies un peu étranges, des machines à vapeur, et tout ça. Et la particularité de l’univers, c’est qu’il y a régulièrement des météorites qui tombent d’une façon plus ou moins aléatoire. L’astronomie est très développée pour parvenir à anticiper tout ça, à s’adapter, vivre avec et s’enfuir à temps. L’histoire c’est celle d’une jeune femme qui est une aristocrate très ambitieuse et qui rêve de s’élever dans la société et de devenir dame de compagnie de l’Impératrice. Elle a tout prévu pour organiser sa propre élévation sauf qu’une météorite s’invite au mauvais moment et va la pousser à devoir fuir son pays et à partir à la dérive dans un voyage qui va l’amener à découvrir un pays mystérieux.

L :
Ça a l’air super intéressant !

A :
Merci !

L :
Et si je ne me trompe pas, tu es en train d’écrire une dilogie qui s’appelle Les Mégagiciennes, c’est ça ?

A :
C’est ça ! Les Mégagiciennes, encore une histoire en deux tomes, j’aime bien, c’est pratique (rires). Là c’est encore quelque chose d’un peu différent, on est plus sur de la romance fantaisie. Toujours dans un univers style 19ème siècle. Alors c’est un univers différent du précédent mais on va avoir des automates et de la magie, des potions, etc. Cette fois c’est plus une histoire de romance parce que l’héroïne, Gisèle, est une jeune fille qui est à l’institut Mégagique, donc elle finit ses études pour devenir mégagicienne officielle. Elle est destinée à un mariage arrangé qui est prévu par ses parents. Sauf que contrairement à ce qu’on pense dans les romans quand il y a des mariages arrangés, elle, elle est ravie, elle est complètement in love de son fiancé même si elle ne le connaît pas vraiment, elle s’en fait une image de prince de conte de fée. Elle est très amoureuse de lui, Albert. Sauf que quelques semaines avant le mariage, c’est le drame puisqu’elle apprend que ses parents ont finalement décidé que ce serait sa grande sœur dont elle est très jalouse qui allait épouser son fiancé au lieu d’elle et qu’elle était priée de rester bien sage et bien tranquille et de finir ses études sans faire de vague. Mais Gisèle ne supporte pas l’idée qu’on lui arrache son fiancé et elle a décidé de faire une fugue pour le reconquérir. Elle va se retrouver mêlée à des complots politiques qu’elle ne soupçonnait pas en essayant de récupérer son cher Albert.

L :
Donc il y a beaucoup de péripéties j’imagine, beaucoup d’aventures ! Et pour l’écriture de tes romans justement, vu que ce sont des univers, comme tu disais, fantaisie et steampunk, est-ce que tu fais beaucoup de recherches pour tes romans ou est-ce que tu as déjà toutes les connaissances qu’il faut en termes d’histoire ? Par exemple tu disais que pour Le Page de l’Aurore ça se passe dans un temps passé. Donc est-ce que tu fais beaucoup de recherches pour écrire tous tes romans ?

A  :
Alors je fais pas forcément beaucoup de recherches avant d’écrire. Je m’appuie sur ce que je connais déjà puisque je lis beaucoup de romans historiques, de livres d’histoire. J’ai déjà une idée assez claire de l’ambiance que je veux retranscrire et des principaux marqueurs que je vais utiliser. Après, comme c’est aussi de la fantaisie, que cela se passe dans des univers imaginaires, s’il y a quelques petits anachronismes ou des trucs qui seraient pas passés dans un livre historique, je peux aussi me permettre quelques libertés. Mais non, je fais pas des recherches très poussées avant d’écrire. Je vais plus le faire dans la phase de réécriture quand je veux préciser les descriptions pour certains types de scène. Par exemple dans Les Pérégrinations de Lady Vinchka, y’a une scène qui est inspirée de l’événement de l’incendie du Bazar de la Charité qui a eu lieu à Paris à la fin du 19ème siècle. Dans mon histoire, y’a pas d’incendie mais il y a une fonte de charité. Donc je me suis pas mal inspiré de ce que j’ai pu découvrir sur cet événement réel pour mes descriptions. Y’a aussi une exposition universelle qui s’appelle exposition impériale dans mon histoire mais je me suis beaucoup inspirée des descriptions des expositions universelles à Paris à la fin du 19ème siècle aussi. Donc voilà ce sont plus des petites recherches ponctuelles pour étoffer mes descriptions. Mais comme ce ne sont pas des vrais romans historiques, j’y passe pas énormément de temps avant d’écrire.

L :
Et justement est-ce que tu peux nous en dire plus sur la fantaisie et le steampunk ? Parce que moi par exemple je ne connais pas spécialement le steampunk, je ne sais pas ce que c’est. Donc est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu plus ces univers-là ?

A :
Bien sûr ! Alors en général dans les littératures de l’imaginaire, la dénomination qu’on utilise au sens large, on parle souvent de SF – FS, c’est-à-dire Science-Fiction, Fantaisie Fantastique. De façon assez basique, la fantaisie ça va être un univers du type Seigneur des anneaux donc inspiré du passé avec des grandes quêtes épiques ou des élus doivent trouver des épées magiques et vaincre le mal. La science-fiction c’est plus tourné vers le futur, on peut penser notamment aux histoires d’Azimov, etc. avec des vaisseaux spatiaux ou des univers un peu dystopiques. Mais imaginaires souvent. Et le fantastique c’est un peu particulier. Ça se passe dans le monde réel et y’a des éléments de surnaturels qui surgissent mais qui ne sont pas vraiment censés être là. Ça peut être les histoires de loups-garous, de vampires, etc. Là où en fantaisie ou en science-fiction, le surnaturel fait partie du quotidien d’une part ou bien est créé par la technologie, dans le fantastique c’est quelque chose d’inexpliqué.

Au milieu de tout ça, le steampunk c’est un genre littéraire assez particulier. Alors techniquement, le nom de steampunk ça veut dire punk à vapeur et c’est inspiré d’un autre courant qui est le cyberpunk qui avait démarré dans les années 70. C’est le genre de courant que l’on peut retrouver typiquement dans le film Blade Runner. C’est un courant plutôt inspiré de la science-fiction qui va dépeindre des futurs assez déprimants avec des personnages cyniques, désabusés où tout le monde est assez oppressé, écrasé par des grandes villes et des grandes mégalopoles. Un futur un peu déprimant. Et le steampunk fait un peu la démarche inverse, c’est-à-dire que c’est un genre littéraire qui dépeint des histoires plutôt tournées vers le passé, notamment vers l’époque de la révolution industrielle et des machines à vapeur, d’où le steam. Et on parle souvent de rétrofuturisme, c’est-à-dire que c’est le futur vu par le passé, c’est-à-dire le futur vu par des personnes vivant au 19ème siècle donc comme pouvaient l’imaginer des gens comme Jules Verne, avec des technologies inspirées de celles du 19ème siècle qui se seraient développées d’une façon différente de ce que nous on a connu. Et il y a un côté un peu punk puisque c’est une déformation de la réalité, c’est souvent des histoires qui se passent dans notre monde, qui peuvent se passer à Londres en 1850 et faire intervenir des personnages qu’on connait, que ce soit des personnages historiques ou bien des personnages de fiction connus ; il peut y avoir la Reine Victoria ou Sherlock Holmes ou Dracula ou Conan Doyle ou Jules Verne ou Nicolas Tesla, des personnages qu’on retrouve de façon assez récurrente dans les romans steampunk. Mais ça peut aussi, comme c’est le cas dans mes romans, être adapté à des univers imaginaires, où on va retrouver des technologies inspirées de tout ça et avec des marqueurs assez forts visuellement comme les automates, les dirigeables, la mode du 19ème siècle, enfin du Second Empire avec les crinolines, les hauts-de-forme, les queues-de-pie, etc. Beaucoup de cuivre, de rouages. Le steampunk est souvent quelque chose qui se remarque par son esthétique avant d’être un type d’histoire. Puisqu’on peut accoler du steampunk à n’importe quel type d’histoire. On peut avoir de la romance steampunk, du polar steampunk, de la fantaisie steampunk, tout ce qu’on veut. Y’a quelques clichés ou quelques schémas qu’on va retrouver souvent dans les histoires steampunk ou quelques types de personnages comme le riche mécène, l’inventeur farfelu, l’explorateur qui va découvrir des contrées exotiques, ce genre de choses.

L :
C’est assez poussé. Je découvre quelque chose. Je trouve ça super intéressant.

A :
Mais souvent c’est quelque chose que les gens ne connaissent pas, le monde steampunk, mais ils ont déjà vu des films steampunk ou joué à des jeux steampunk. On le voit souvent dans le jeu vidéo. C’est souvent quelque qu’on connaît sans connaître le nom mais quand on commence à expliquer de quoi il est question, ça rappelle des références à pas mal de gens.

L :
C’est vrai que quand tu en parles, ça me rappelle des choses que j’ai vues, que j’ai lues. Donc c’est vrai que ça me parle et ben je suis contente d’avoir mis un mot dessus.

(rires)

A :
Je t’en prie ! Oui moi c’est quelque chose que je trouve vraiment fascinant comme type d’univers. J’aime beaucoup le 19ème siècle, j’aime beaucoup cette esthétique aussi donc je me fais plaisir avec ce type d’univers.

L :
Et justement d’où te vient l’idée de tes romans ? C’est de tes lectures ? Sur internet j’avais vu, et tu nous l’as rappelé, que tu es tombée amoureuse d’Harry Potter et du Seigneur des anneaux. Et donc est-ce que ce sont des romans que tu lis que te vient l’inspiration ou de ton environnement ? Comment est-ce que ça se passe ?

A :
Je saurais pas dire exactement. Le Page de l’Aurore, je sais que ça m’avait été beaucoup inspirée par une saga de roman historique qui s’appelle Fortune de France et qui se passe en France à l’époque des guerres de religion donc autour des périodes de Henri IV, Louis XIII, etc. Et ça, ça m’avait beaucoup marqué donc c’est un peu cette ambiance-là que j’ai retranscrite dans mon roman. Pour Lady Vinchka, mes premières idées étaient venues en 2009 à l’époque où on parlait beaucoup d’un astéroïde qui s’appelle Apophis et qui menaçait de frôler la Terre d’un peu trop près, et qu’on se retrouve un peu comme les pauvres dinosaures. Ça avait fait l’objet de pas mal d’actualité pendant un certain temps à l’époque et moi ça m’avait beaucoup marqué donc j’avais un peu élaboré mon roman à partir de ça. Mais ça c’est juste un bout d’idée et en fait tout le reste est venu petit à petit à partir de plein de sources d’inspiration différentes. C’est difficile d’identifier un truc qui m’aurait spécifiquement inspiré l’ensemble de l’histoire. C’est souvent une collection d’idées de petites illuminations qui s’entassent pour faire une idée d’histoire.

L :
C’est un peu le même cas pour moi. Il suffit d’un petit truc et puis ça s’agglomère avec d’autres choses et ça forme une histoire.

A :
Et je pense qu’on a tous aussi nos réflexes littéraires, c’est-à-dire que… Moi parfois je me rends compte avec le recul que mes romans se ressemblent beaucoup. C’est toujours un personnage qui part en voyage, qui part découvrir un autre monde, qui en revient un peu changé. En tout cas les premiers romans c’est ce même schéma alors que les romans ne racontent pas du tout la même chose. C’est un schéma qui me tient à cœur.

L :
Oui il y a une sorte de trame qui est là, qui reste et qui fait le cœur de tes romans. Eh bien justement, est-ce que tu écris d’autres choses que tes romans ?

A :
J’écris parfois des petites nouvelles pour participer à des concours. Pour changer un peu les idées entre 2 romans comme à chaque fois je passe beaucoup de temps sur chacun (rires). Ça me permet de changer. Et sinon j’ai ce fameux job de scénariste de jeu vidéo qui est une occupation assez marrante et donc ça fait un peu plus de 2 ans que je fais ça. Je travaille pour un studio qui s’appelle Wild Wits, qui est Breton. Actuellement on est en train de finaliser les préparatifs de notre premier jeu qui doit sortir l’année prochaine.

L :
Félicitations !

A :
Merci !

L :
Donc tu écris un petit peu de tout finalement. Excepté la poésie et le théâtre mais sinon tu touches un peu à tout.

A :
Non alors ça c’est pas mon truc. Je serais tout à fait incapable d’en écrire.

L :
C’est vrai que c’est autre chose. La poésie c’est plus sophistiqué.

A :
Oui c’est vraiment un autre monde.

L :
Est-ce qu’on peut parler maintenant de la publication de tes romans ? Quel choix est-ce que tu as fait concernant la publication ? Est-ce que tu t’auto-édites ou est-ce que tu passes par une maison d’édition et pourquoi ce choix ?

A :
Alors au début, je rêvais d’être publiée en maison d’édition. Le Page de l’Aurore, je l’avais envoyé à quelques éditeurs après avoir terminé le 1er jet sauf que je l’avais à peine corrigé à l’époque donc c’était vraiment un peu… la honte quoi. Évidemment il a été refusé. Du coup je l’avais mis dans un tiroir pendant un paquet d’années jusqu’au jour où une amie m’a dit qu’elle connaissait quelqu’un qui montait sa maison d’édition et que cette personne cherchait des manuscrits. Donc je lui ai envoyé mon texte et elle m’a proposé qu’on travaille dessus ensemble pour le publier. C’était une toute petite maison d’édition qui s’appelle Sylphe Rouge et donc mon livre allait être l’une des premières publications. Le livre est sorti en 2019. On avait fait un travail éditorial très intéressant avec l’éditrice. Ça s’est bien passé mais le problème c’était que c’était vraiment une maison d’édition minuscule qui avait très peu de moyens pour donner de la visibilité au livre. Donc c’était resté contraignant pour moi. Là, en 2022 j’ai décidé de passer du côté auto-édité. J’ai récupéré les droits sur mon roman, sur Le Page de l’Aurore, je l’ai ressorti en autoédition en début d’année et j’ai enchaîné avec la publication des deux tomes de Lady Vinchka sachant que pour Vinchka j’avais aussi tenté de l’envoyer à d’autres maisons d’édition un an plus tôt. En fait, sur les 7 maisons que j’avais contactées, il y en avait 3 qui avaient refusé le texte et 4 qui ne m’ont jamais répondu. Et donc je m’étais donné une deadline à partir de laquelle j’arrêterai d’attendre leur retour et j’allais me lancer par moi-même. Je suis très contente de l’avoir fait car aujourd’hui, un an plus tard, ils ne m’ont toujours pas répondue (rires). Et je suis vraiment très contente d’avoir fait ce choix de l’autoédition parce que je découvre que j’aime beaucoup être indépendante et tout décider moi-même pour pouvoir contrôler toute la façon dont mon livre est produit, dans ce qui est mis en avant, etc. Même si ça demande beaucoup d’investissements à tout point de vue, aussi bien de l’argent, du temps, de l’énergie, ça demande de se former sur plein d’aspects pour arriver à comprendre tout ce qu’il faut faire et comment le faire et ne pas s’y perdre. Mais c’est vraiment passionnant et je suis très contente d’avoir choisi cette voie-là aujourd’hui et je n’envisagerai pas maintenant de proposer mes prochains romans à des maisons d’édition.

L :
Tu arrives à vendre beaucoup de romans par l’autoédition ? Tu arrives à les promouvoir comme il faut ?

A :
Oui, en tout cas j’en vends plus qu’à l’époque où j’étais en maison d’édition. C’est un petit peu aidé aussi par le fait que à l’époque où j’étais en maison d’édition, le livre n’avait pas de version numérique et je pouvais évidemment pas du tout faire de promotion dessus, de faire des ventes spéciales, alors que maintenant je vais pouvoir proposer un livre à 99 centimes quand d’habitude en version brochée il est à 20€, forcément ça me permet de mieux le vendre. Mais même si ça ne me permet pas de gagner énormément d’argent sur le moment, c’est intéressant parce qu’à chaque fois que je fais ce type d’opération, je vois bien que dans les mois qui suivent, les ventes de tous mes livres rebondissent et que ça permet de toucher de nouveaux lecteurs… et ça c’est très satisfaisant.

L :
Donc aucun regret sur ce choix-là finalement.

A :
Non. Mon compte en banque est peut-être pas tout à fait d’accord puisque j’avoue que je suis pas encore rentrée dans mes frais mais moi je suis ravie.

L :
C’est vrai que c’est le choix de beaucoup d’auteurs maintenant de se faire auto-publier. Je peux comprendre ce choix.

A :
C’est vraiment génial d’en avoir la possibilité parce que typiquement là pour Lady Vinchka, je sais que si j’avais absolument voulu le faire publier par une maison d’édition, je serais encore en train d’attendre qu’il sorte. J’avais contacté les principales maisons d’édition que je connaissais dans l’imaginaire et j’ai pas eu de retours positifs.

L :
Oui donc tu aurais attendu encore longtemps finalement. Et c’est le problème avec les maisons d’édition, c’est que soit elles répondent non, soit pas du tout et c’est rare qu’elles répondent oui. C’est vrai que pour tout auteur c’est difficile de ne pas voir son travail reconnu.

A :
C’est ça, après elles ont souvent de très bonnes raisons. Elles sont débordées de manuscrits et on n’arrive pas forcément au bon moment par rapport à leur calendrier éditorial. Et puis je peux tout à fait entendre que mon texte ne soit pas forcément dans les clous par rapport aux tendances que les maisons d’édition recherchent à un instant T. Mais c’est vrai qu’il faut être très persévérant pour réussir à obtenir la maison d‘édition qu’on vise. Puis moi j’en ai eu marre d’attendre.

L :
Et je peux comprendre !

(rires)

L :
Alors maintenant on peut parler des manifestation/rencontre/dédicace que tu fais. J’ai vu que tu participes chaque année au NaNoWriMo. Est-ce que tu peux nous expliquer quel est cet événement littéraire international ? Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus à ce sujet ?

A :
Alors c’est effectivement international comme son nom ne l’indique pas. Le NaNoWriMo ça veut dire National Novell Writing Month. Ça a été lancé aux États-Unis à la fin des années 90 je crois. Le principe c’est de dédier un mois à l’écriture, au mois de novembre, tous les ans et de se donner comme objectif d’écrire 50 000 mots. Donc 50 000 mots ça fait un petit roman. C’est vraiment beaucoup. Et donc c’est un événement qui est de plus en plus populaire. Ce qui fait vraiment le charme de l’événement c’est l’émulation collective qu’il y a puisqu’en novembre tout le monde se met à parler du NanoWriMo. Je ne vais pas dire que tout le monde participe parce qu’il y a plein de gens qui ne participent pas mais beaucoup de gens y participent donc typiquement sur les réseaux sociaux, quand on suit quelques auteurs, on va entendre parler que de ça. Et quand on n’y participe pas, je peux comprendre que ce soit vraiment assommant. Mais quand on y participe, c’est vraiment très motivant et moi je vois beaucoup d’auteurs qui se sont vraiment dépassés à l’occasion de ce challenge, qui ont atteint et dépassé les objectifs qu’ils s’étaient fixés et qui ont plus écrit en un mois que pendant tout le reste de l’année. Ça peut être un très bon tremplin pour se mettre à écrire. L’idée de ce challenge c’est vraiment, comme il faut écrire beaucoup, d’encourager les auteurs à privilégier la quantité sur la qualité, c’est-à-dire de considérer qu’ils sont en train d’écrire un premier jet et que ça n’a pas besoin d’être parfait, que tout pourra être corrigé ensuite. L’important c’est d’arrêter de procrastiner et de revenir 14 fois sur la même virgule mais juste d’écrire son histoire pour en avoir une première version. C’est aussi l’opportunité pour les gens qui ont déjà une idée d’histoire depuis longtemps mais n’osent pas trop se lancer, n’ont pas vraiment le temps de se dire « Ok, je me bloque un mois dans l’année, j’y vais à fond et après je reprendrai ma vie normale. Mais là je vais participer à ce challenge. ». Moi j’y ai participé plusieurs fois. J’en ai fait 5 depuis 2015. À chaque fois j’ai atteint mes 50 000 mots, parfois beaucoup dans la douleur, parfois plus facilement. Mais c’est un challenge que personnellement j’aime beaucoup, que je trouve très motivant. Après, il ne convient pas à tout le monde, il peut être très stressant et très démoralisant, décourageant pour les personnes pour qui ce n’est pas la bonne façon de fonctionner. Mais moi j’ai toujours été contente d’y participer, c’est vraiment comme courir un marathon, ce que je n’ai jamais fait car je n’aime pas du tout le sport mais on se donne à fond, à la fin on en peut plus mais une fois que c’est terminé on a qu’une envie c’est d’être à l’année d’après.

L :
C’est dommage que je l’ai découvert mi-novembre de cette année parce que j’y aurais bien participé. Le prendre en cours de route c’est peut-être pas l’idéal.

A :
C’est plus difficile mais l’avantage c’est qu’il revient tous les ans.

L :
Ben c’est très bien comme ça, en 2023 ce sera mon objectif !

A :
C’est très chouette. Alors après faut-il avoir au mois de novembre un texte qui soit à un stade de premier jet. Y’a rien à gagner techniquement dans le NaNoWriMo. Chacun fait un peu ce qu’il veut et personne ne va venir vérifier si on a vraiment les 50 000 mots ou pas mais théoriquement, la façon de faire c’est se lancer dans un premier jet et écrire une nouvelle histoire. Encore faut-il au début du mois de novembre, être au stade où on a une histoire prête à écrire, que l’on a eu le temps de préparer, qu’on n’a pas encore commencé à rédiger ou pas trop en tout cas et pour laquelle on va avoir suffisamment de matière pour écrire 50 000 mots.

L :
Et toi justement, quand tu participais à cet événement à chaque fois, c’était pour écrire tes romans ou bien pour créer d’autres choses ?

A :
C’était pour écrire mes romans oui.

L :
Donc ça t’aidait bien à avancer.

A :
Oui carrément, ça m’a beaucoup motivée.

L :
C’est bon à savoir pour ceux qui sont intéressés pour l’année prochaine et les années futures. J’ai vu que tu avais aussi participé à la journée des autrices et auteurs le 26 novembre dernier, à Sciences Po. Est-ce que tu peux nous dire comment s’est passé cette expérience ?

A :
Oui ! Eh bien c’était très chouette. J’étais très heureuse d’être invitée à cette journée. Concrètement ça durait juste une journée, un samedi à Sciences Po. Ils avaient invité je pense 15 à 20 auteurs ou éditeurs à venir tenir un stand pour présenter leurs livres. Et il y avait aussi les conférences tout le long de la journée. Moi j’étais invitée à participer à une conférence sur les liens entre imaginaire et réalité avec 2 autres autrices et la responsable d’une maison d’édition. C’était hyper intéressant, j’étais vraiment ravie de participer à cet événement puisque c’était un peu mon premier petit salon en tant qu’auto-éditée. C’était intéressant car ça m’a permis de faire l’expérience de tenir un stand avec ma petite caisse, ma pile de livres et tout ça. C’était très chouette. J’en garde un très bon souvenir.

L :
C’est super ! Quand j’ai vu ça, j’étais super contente pour toi car je me suis dit que ça doit être une superbe expérience à vivre en tant qu’auteur.

A :
Et puis c’est chouette d’avoir l’occasion de rencontrer d’autres auteurs. Puis j’ai eu aussi la chance d’avoir des personnes qui me connaissaient qui sont venues me voir, certaines que je n’avais encore jamais rencontrées mais qui me connaissaient par Instagram donc c’était vraiment chouette.

L :
Du coup est-ce que tu participes par extension à des séances de dédicaces, rencontre avec tes lecteurs ? Est-ce que ce sont des événements qui sont importants à tes yeux ?

A :
Alors pour l’instant, je n’en ai pas spécialement fait. Mais je vais avoir l’occasion l’année prochaine de participer à deux grands salons. Le premier c’est le salon Yggdrasil à Lyon début février qui est un salon dédié à l’imaginaire où les exposants sont obligés d’être costumés. Donc je n’y suis jamais allée moi-même mais j’ai vraiment hâte de voir ça parce que ça fait des années que j’en entends parler. Ça a l’air vraiment d’être un petit paradis (rires). Et je vais aussi participer au salon fantastique à Paris début avril. Ça aussi je suis hyper excitée. Pour le coup j’y ai participé plein de fois en tant que visiteuse et j’adore ce salon puisque c’est l’occasion de rencontrer plein d’auteurs de maisons d’édition ou auto-édités. Y’a plein de stands d’artisans qui vendent des bijoux, des chapeaux, des trucs, des objets fantaisie, etc. Donc je suis très heureuse d’avoir l’occasion de passer cette fois de l’autre côté et d’être exposante. J’espère que ce sera l’occasion de rencontrer là aussi plein de lecteurs et lectrices. En tout cas j’ai vraiment hâte.

L :
Tu es aussi sur internet. Tu as créé le site « L’Astre et la Plume ». Si je ne me trompe pas c’est en 2017 que tu l’as créé. D’où t’est venue l’idée de créer ce site internet sur l’écriture ?

A :
Alors en fait en 2017, c’est le moment où j’ai rencontré celle qui allait devenir mon éditrice et où j’ai commencé à retravailler Le Page de l’Aurore. Pour faire ce retravail, je me suis un peu plongée sur internet car j’écrivais depuis très longtemps mais j’avais vraiment aucune technique d’écriture. J’ai donc décidé de me plonger dans tout ce qu’internet pouvait m’offrir comme conseils d’écriture. Donc j’ai utilisé plein de blogs, j’ai regardé plein de chaînes YouTube, j’ai lu des livres, etc. Et ça m’a vraiment passionnée de découvrir tout ça. J’avais vraiment l’impression de découvrir un nouveau monde alors que j’écrivais depuis des années. Ça m’a tellement passionnée que, bon c’était aussi la mode des blogs d’écriture à ce moment-là, je me suis dit que j’allais lancer le mien pour pouvoir partager tout ce que j’apprenais puisque je trouvais ça tellement passionnant et tellement, enfin c’était vraiment une révélation pour moi, ça changeait radicalement ma façon de voir l’écriture donc je me suis dit que c’était dommage de garder ça pour moi et qu’il fallait en faire profiter tout le monde. J’ai lancé mon blog à ce moment-là et j’étais vraiment ravie de l’avoir et de partager tout ça. J’ai pas toujours été aussi active que je l’ai été au début puisque les premiers temps j’écrivais 2 articles par semaine mais ça reste un canal que j’aime beaucoup. À chaque fois que je continue à apprendre des choses, à découvrir des nouvelles techniques, des nouvelles réflexions sur la pratique de l’écriture, je suis toujours heureuse d’en faire un article pour moi-même professer un peu tout ce que je découvre et proposer tout ça aux autres auteurs que ça peut aider.

L :
Donc c’est un site internet qui est là pour aider les auteurs à écrire, développer leur projet d’écriture, etc. Et tu as mis du temps à te faire connaitre sur internet ?

A :
Je saurais pas te dire à quel moment j’ai vraiment réussi à me faire connaître. Je sais pas si je suis très connue. Ça a été vraiment très progressif les trois premières années. Ensuite, en 2020 avec le confinement, c’est devenu n’importe quoi puisque, comme les gens n’avaient rien d’autre à faire que d’être chez eux à écrire des livres et lire des conseils d’écriture, la fréquentation de mon blog a explosé. Depuis, elle est revenue à la normale, malheureusement. Mais il a vraiment gagné en visibilité à ce moment-là. Et en parallèle j’ai aussi développé ma présence sur les réseaux sociaux, en particulier sur Instagram que j’aime aussi beaucoup comme plateforme. J’ai ouvert l’année dernière une chaîne YouTube. J’ai un peu moins utilisé cette année même si j’aimerais bien la reprendre. J’ai continué petit à petit à étendre ce que je proposais. J’ai aussi une newsletter, une pour les auteurs que j’accompagne et une pour les lecteurs qui lisent mes romans. Et puis j’ai aussi un site qui est dédié à mes romans. Tout ça s’est vraiment fait petit à petit, au fil du temps, au fil des opportunités et des envies du moment.

L :
Je sais aussi que tu as créé « Le Manoir Littéraire ». Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c’est et en quoi ça consiste exactement, ce que tu proposes dessus ?

A :
Bien sûr ! Alors « Le Manoir Littéraire », au départ c’était juste une formation. Là ça fait deux ans que je me suis lancée à 100% dans l’écriture, j’ai quitté mon emploi précédent pour diverses raisons et il se trouvait que je n’avais plus de job. Donc je me suis dit que j’allais me lancer dans l’accompagnement d’auteurs puisque c’était ce dont je rêvais depuis longtemps. J’ai développé une première formation qui s’appelle « Le Manoir Littéraire » qui est une formation en 3 étapes. Une première étape pour préparer son roman avant de l’écrire, une deuxième étape sur l’écriture du premier jet et une troisième étape sur les corrections. Et depuis j’ai rassemblé cette formation sous le nom de « La Légende » qui est maintenant une brique du Manoir Littéraire et mon objectif c’est de proposer maintenant d’autres services et d’autres formations sous le chapeau du Manoir Littéraire. Je propose du coaching individuel pour les auteurs qui veulent un peu plus d’accompagnement puisque dans La Légende, c’est de l’accompagnement de groupe. Donc les coachings individuels permettent d’aller plus loin et j’espère lancer en début d’année prochaine des nouvelles formations plus petites, plus ciblées sur des problématiques plus spécifiques puisque La Légende c’est vraiment un gros programme avec six mois d’accompagnement qi est assez intense, le contenu est très dense, les objectifs c’est vraiment de couvrir tout ce que je peux expliquer sur l’écriture d’un roman. Donc je voulais aussi proposer d’autres formations à des tarifs un peu plus accessibles et sur des problématiques plus précises pour les auteurs qui veulent explorer autre chose.

L :
Il y a beaucoup d’auteurs que tu as pu aider jusque-là avec Le Manoir et tout ce que tu y as mis dessus ?

A :
Oui ! Je crois que depuis que j’ai lancé Le Manoir il y a un an et demi, il y a une trentaine d’auteurs que j’ai eu le plaisir d’accompagner donc c’est vraiment sympa. Il y en a qui sont toujours actifs sur notre Discord et dans les salons en live qu’on fait toutes les 2 semaines. Ça fait très plaisir de voir leur évolution. Y’en a qui commencent à publier les romans qu’ils ont écrits dans le cadre du Manoir. Donc ça fait vraiment hyper plaisir ! Et en plus de ça, à l’époque, ce n’était pas exactement dans le cadre du Manoir, mais j’ai aussi proposé d’autres petites formations ou des petits tips sur l’écriture. Tout ça assemblé ça fait à peu près un peu moins d’une centaine d’auteurs qui ont pu bénéficier de mes enseignements si j’ose dire sur l’écriture. C’est vraiment super, moi je suis vraiment ravie de pouvoir partager tout ça parce que ça a tellement révolutionné ma façon d’écrire que ça me fait très plaisir de partager ça avec un maximum d’auteurs et de les aider à avoir le déclic qui peut leur manquer pour oser se lancer, oser écrire l’histoire qui leur tient à cœur, trouver les manières de s’y prendre pour y arriver.

L :
Donc c’est vraiment un partage entre toi et eux et eux et toi aussi.

A :
Oui.

L :
Est-ce que tu as évolué tout au long de cette année et demie ? Est-ce qu’au début tu accompagnais d’une certaine façon les auteurs et aujourd’hui tu le fais différemment ? Est-ce qu’il y a eu une évolution en un an et demi ? Est-ce que tu as appris d’autres choses ?

A :
Oui ! Il y a eu pas mal de petites évolutions. Ce ne sont pas des évolutions drastiques mais… Au début je lançais chaque tome du Manoir séparément. D’abord j’ai lancé le premier, puis le deuxième sur la rédaction du premier jet, etc. et à chaque fois, j’avais une petite équipe de testeurs qui venaient tester mes formations pour me dire ce qu’ils en pensaient. Donc il y avait une ambiance assez particulière dans les premiers temps avec un côté hyper chaleureux puisqu’il y avait plein d’auteurs qui m’aidaient à construire ces formations, de me donner leur avis, ils me faisaient des retours, ils étaient vraiment hypers actifs dans leur participation. Ensuite j’ai un petit peu changé et une fois que toutes les formations étaient construites et disponibles, j’en ai fait quelque chose de beaucoup plus ouvert où les gens pouvaient rejoindre le Manoir un peu quand ils voulaient. Je me suis mise à organiser des conférences pour présenter le programme et encourager les gens que ça pouvait intéresser et aider à le rejoindre. Là je suis un peu en train de revenir sur ce fonctionnement et de repartir sur un fonctionnement de promotions d’auteurs qui arrivent en même temps au même stade et qui peuvent se lancer ensemble dans l’aventure et progresser au même titre. J’essaye de m’adapter dans l’accompagnement que je propose… Au bout de 6 mois je me suis mise à proposer des exercices d’écriture toutes les semaines, avec une consigne sur laquelle les auteurs peuvent écrire, ou pas, s’ils n’ont pas envie. Je leur donne ensuite mon avis sur le texte. Voilà plein d’adaptations en fonction des retours que j’ai.

L :
Et comme tu disais tout à l’heure, tu es sur Instagram et YouTube. Ma question est : est-ce que tu parviens à tout concilier entre l’écriture de tes romans, ton site internet, « Le Manoir Littéraire » et les réseaux sociaux également. Comment tu fais pour tout tenir ?

A :
Je suis assez organisée. Si tu pouvais voir mon agenda tu verrais des petits blocs de couleurs bien rangés. En général, j’ai un peu la même organisation tous les jours c’est-à-dire que le matin je commence par écrire entre 8h et 10h en gros parce que je veux que ça soit fait (rires). C’est ce qui m’apporte le plus. Ensuite, je consacre deux heures à travailler sur le jeu vidéo parce que là je ne travaille pas dessus à plein temps mais j’y consacre une bonne partie de la matinée. L’après-midi je travaille plus sur la création de mes formations et après tout ce qui peut être création de contenus, sur des newsletters, des posts Instagram, des articles de blog, etc. Donc voilà c’est comme ça que je m’y prends.

L :
Et tu fais ça tous les jours ou tu te laisses un petit peu de temps pour toi ?

A :
Tout ça c’est du temps pour moi, j’adore ce que je fais. Mais ça va, je ne suis pas victime de surmenage, j’arrête de travailler pas trop tard le soir, je prends des week-ends, je prends des vacances. Je ne suis pas surmenée ! Mais oui en soi, ce sont vraiment des journées de rêve pour moi. Si je pouvais ne faire que ça jusqu’à la fin de mes jours je serais ravie !

L :
Oui je peux comprendre. C’est vrai que c’est une vie, enfin c’est un travail idéal quand on est passionné comme ça et quand on peut vivre de sa passion. C’est royal. Et est-ce que tu as d’autres projets dans le futur en termes d’écriture ?

A :
Là je vais travailler essentiellement cette année sur ma nouvelle dilogie, donc les aventures de Gisèle et Albert. J’aimerais bien pouvoir plier au moins le premier tome à la fin de l’année. Sachant qu’ne fait je ne veux pas publier le premier tome tant que je n’ai pas une version quasiment terminée du deuxième parce que je suis très angoissée sur la peur de mettre des choses dans un tome qui ne sont pas cohérentes avec l’autre. Et puis j’aime bien pouvoir proposer la sortie du deuxième tome assez rapidement pour que les lecteurs n’aient pas trop à attendre. Donc ils vont attendre le premier tome plus longtemps mais ce n’est pas grave. Donc ça ce sont mes principaux objectifs l’année prochaine. J’ai mon projet de nouvelles formations que j’ai commencé à créer et ça fait déjà pas mal. J’ai aussi d’autres petites idées, de choses que je pourrais lancer, des événements pour les auteurs mais c’est encore très flou, il faut que j’en discute avec d’autres personnes qui pourraient travailler sur le sujet avec moi donc je peux pas trop en parler.

L :
Mais c’est déjà pas mal ce que tu as prévu pour la suite, c’est déjà pas mal de boulot. Pour finir cette interview, que pourrais-tu dire à des personnes qui rêveraient de devenir écrivains mais qui rencontrent des difficultés ou des blocages ? Est-ce que tu aurais des conseils à leur transmettre en tant qu’écrivaine ?

A :
Mon principal conseil c’est de ne pas avoir peur et d’y aller. De surtout ne pas essayer d’écrire un premier jet parfait parce que ça n’existe pas, de ne pas essayer d’écrire un roman parfait parce que ça n’existe pas non plus. Mais vraiment de se faire plaisir, de ne pas trop s’inquiéter de ce qu’on pourrait dire de leur travail, de se renseigner, de se former sur les techniques d’écriture s’ils ont envie, s’ils sentent qu’ils ont besoin de progresser sur un aspect ou sur un autre. Mais de ne pas attendre d’être des experts pour écrire leur première phrase parce que ça vient aussi en écrivant et on apprend beaucoup de ses propres œuvres.

L :
En tout cas merci beaucoup d’avoir répondu à toutes ces questions, ton parcours est super intéressant et tout ce que tu fais est passionnant. Si tu le souhaites, je pourrais mettre les liens de ton site internet et de tes réseaux sociaux sur l’interview qui apparaîtra sur mon blog, si tu es d’accord.

A :
Avec plaisir !

L :
Merci beaucoup et puis merci aussi à vous de nous avoir écoutées. À bientôt !

A :
Merci à toi !

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